5 jours en Islande : trek dans les Hautes Terres

Organiser un voyage en Islande implique de composer en permanence avec l’imprévu, la météo et la rugosité du terrain. Entre les cascades glaciaires de la côte sud et les étendues désertiques des Hautes Terres, l’île impose son échelle dès les premiers kilomètres de route.

Ce carnet de voyage retrace un itinéraire condensé de 5 jours, combinant 2 jours de road trip le long du littoral et 3 jours de trek engagé à travers le Laugavegur et le Fimmvörðuháls. Initialement prévue sur 4 jours de marche, cette traversée de 95 kilomètres et 3 100 mètres de dénivelé positif a dû être réorganisée en urgence suite à des annulations de vol et des correspondances manquées. Un contretemps logistique transformé en opportunité : évoluer à contre-courant des autres randonneurs et traverser les déserts de cendre noire, les massifs rhyolitiques et les langues glaciaires dans un isolement quasi total.

Vous trouverez dans cet article notre retour d’expérience complet : le découpage jour par jour, les traces GPX, nos spots photo et tous les conseils pratiques pour préparer votre expédition.

🥾 Distance totale : 95 km
↗️ Dénivelé positif : +3100 m
📍 Itinéraire : Laugavegur et Fimmvörðuháls
🗓️ Trek réalisé fin août 2026
🗺️ Trace GPS : Laugavegur (1/2), Laugavegur (2/2), Fimmvörðuháls


Jour 1 : En route vers le sud (côte et cascade)

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Organiser un voyage en Islande implique une règle de base : rester flexible. Notre itinéraire prévoyait initialement un départ immédiat vers les pistes intérieures dès l’atterrissage. La réalité logistique en a décidé autrement : vol annulé à l’aller, report sur le lendemain et un retard cumulé de plus de 9 heures à l’arrivée à Keflavík. Avec un seul bus quotidien desservant les Hautes Terres, la correspondance pour Landmannalaugar était mathématiquement manquée.

Pour ne pas perdre cette première journée et attendre passivement le bus du lendemain, nous avons récupéré notre véhicule de location pour improviser une boucle d’appoint le long de la côte sud. L’objectif était double : prendre nos repères et tenter de contourner un front pluvieux tenace qui balayait le sud-ouest de l’île.

Premier arrêt à l’est de Vík, au pied du promontoire de Hjörleifshöfði, pour explorer la grotte de Gígjagjá — souvent surnommée la « grotte Yoda » en raison de la silhouette caractéristique découpée par son ouverture. Nichée dans un environnement austère de plaines de sable noir balayées par le vent (les sandar), cette immense cavité offre un abri bienvenu contre les bourrasques. L’intérêt photographique repose sur le contre-jour : l’ouverture naturelle encadre le désert volcanique extérieur dans un contraste très graphique.

En repartant vers l’ouest, arrêt sur le promontoire de Dyrhólaey. La météo reste maussade, avec un plafond nuageux bas. Malgré ces conditions grises, la zone des falaises permet d’observer de très près des colonies de macareux moines (puffins) nichés dans les parois herbeuses abruptes, avant leur grand départ en mer prévu à la fin de l’été. Le contraste entre le basalte noir, l’océan démonté et les touches vertes de la falaise compense largement l’absence de lumière franche.

Nous poursuivons la route le long de la Route 1 en direction de la langue glaciaire de Sólheimajökull, un exutoire du glacier Mýrdalsjökull. Une marche courte depuis le parking aménagé mène jusqu’au lagon proglaciaire. L’ambiance y est particulièrement brute : la glace striée de cendres volcaniques sombres, issue des éruptions passées, plonge directement dans des eaux chargées de sédiments. La météo humide renforce l’austérité du décor et fait ressortir les nuances de bleu profond et de noir de la glace.

Avant de clore cette journée de transit, nous faisons un dernier crochet par la cascade de Seljalandsfoss. Haute de 60 mètres, elle est célèbre pour le sentier qui permet de passer derrière son rideau d’eau. Sous une pluie fine continue, le passage arrière nécessite un équipement imperméable intégral (l’humidité et les projections y sont permanentes), mais le point de vue sur la plaine côtière à travers la chute d’eau reste un classique efficace.

Fin de parcours en soirée pour rejoindre notre hôtel à Selfoss, point stratégique pour la nuit. Une journée dense sur l’asphalte qui nous a permis de transformer un contretemps aérien en prise de contact avec le terrain, tout en préparant le départ vers les pistes de Landmannalaugar dès le lendemain matin.


Jour 2 : De Landmannalaugar à Álftavatn (Traversée de Hrafntinnusker)

Départ matinal depuis Selfoss pour intercepter le Highland bus (bus tout-terrain) en direction des Hautes Terres. Après deux heures de piste caillouteuse et les premiers franchissements de gués, nous atteignons le camp de base de Landmannalaugar (altitude 600 m), point de départ officiel du sentier du Laugavegur.

En raison du décalage de notre vol à l’arrivée, notre programme a dû être adapté : nous ne ferons pas étape au premier refuge de Hrafntinnusker. L’objectif de cette première journée de marche est de doubler l’étape classique pour rejoindre directement le lac d’Álftavatn. Le sac à dos est lourd, chargé pour une autonomie complète, mais partir avec un jour de retard nous place opportunément à contre-courant du flux principal de randonneurs.

Les premiers kilomètres s’élèvent immédiatement à travers le champ de lave de Laugahraun, avant de s’engager sur les pentes ocres et pastel caractéristiques des massifs de rhyolite. Le contraste est immédiat : des solfatares bouillonnantes et des fumerolles d’où s’échappent d’épaisses vapeurs de soufre côtoient les premiers névés tardifs. Le vent se renforce au fur et à mesure que nous prenons de la hauteur sur les crêtes de Brennisteinsalda et de Storihver.

Vers la mi-journée, le paysage se transforme brutalement en atteignant le plateau de Hrafntinnusker (1 070 m d’altitude), point culminant de cette section. Fini les collines colorées : le décor bascule dans une austérité totale, faite d’éboulis d’obsidienne noire vitrifiée et de calottes de glace.

Le refuge émerge dans cette ambiance lunaire. Balayé en permanence par des rafales glaciales, le secteur est souvent réputé pour ses conditions météo rugueuses. Nous marquons une pause courte pour nous ravitailler avant de poursuivre notre route sans nous y arrêter pour la nuit.

Après avoir franchi les dernières langues de neige du plateau, la ligne de crête de Jökultungur offre l’un des panoramas les plus saisissants du trek : une rupture franche où l’obscurité minérale cède la place à une plaine immense, dominée par le vert fluorescent des mousses et le bleu profond du lac d’Álftavatn.

La descente est raide, caillouteuse et met les genoux à l’épreuve après plus de 15 kilomètres d’effort soutenu. Arrivés au fond de la vallée, il reste à négocier le premier véritable gué du parcours — traversée pieds nus dans une eau glaciaire vive et caillouteuse — avant de poser le camp au bord du lac en fin d’après-midi, dans un calme absolu.


Jour 3 : D’Álftavatn à Básar (Le désert de cendre noire d’Emstrur)

Départ aux premières lueurs depuis le lac d’Álftavatn. Après la longue étape de la veille, le plan de route reste engagé : fusionner les portions habituelles du Laugavegur pour relier directement la vallée de Þórsmörk (Thórsmörk) et poser le camp à Básar. Le décalage initial continue de jouer en notre faveur : nous quittons le bivouac bien avant le réveil des groupes, garantissant une solitude complète sur le sentier.

Les premiers kilomètres contournent les contreforts verdoyants bordant Álftavatn avant de basculer vers le refuge de Hvanngil. Le sentier impose rapidement le déchaussage : plusieurs rivières d’eau de fonte coupent le tracé. Le courant est sensible, le fond rocailleux glissant et l’eau avoisine les 2 à 4°C. Prendre le temps de fixer les sandales de marche et d’assurer les appuis avec les bâtons évite toute glissade précoce avec le sac chargé.

Passé le refuge de Hvanngil, le vert fluorescent des mousses disparaît au profit d’un plateau volcanique d’une aridité absolue : le désert d’Emstrur. Sur près de 15 kilomètres, le décor se résume à une étendue infinie de sable et de cendre noire, ponctuée par des cônes volcaniques isolés comme le mont Hattafell.

La marche devient hypnotique, rythmée uniquement par le crissement de la cendre sous les semelles et les rafales de vent. À l’approche du refuge d’Emstrur (Botnar), nous faisons un court crochet pour longer les parois vertigineuses du canyon de Markarfljótsgljúfur, entaillé sur près de 200 mètres de profondeur par les crues glaciaires.

La dernière section de la journée marque une rupture paysagère nette. En perdant de l’altitude vers la vallée de Þórsmörk, le minéral sombre cède la place aux premiers bouleaux nains et à une végétation plus dense.

Après un ultime franchissement de passerelle suspendue au-dessus des gorges de la Ljósá et la traversée à gué de la plaine alluviale de Krossá, nous atteignons le refuge de Básar en début de soirée. Abrité du vent par les falaises environnantes, le secteur offre une zone de campement idéale pour récupérer avant d’affronter l’ascension du col de Fimmvörðuháls le lendemain.


Jour 4 : Le Fimmvörðuháls jusqu’à Skógafoss (Entre les glaciers)

Départ avant l’aube depuis le refuge de Básar pour entamer la dernière section de notre traversée : le sentier du Fimmvörðuháls. Après les 60 kilomètres du Laugavegur avalés en deux jours, cette étape de clôture impose l’ascension la plus raide du parcours pour franchir le col situé entre les deux calottes glaciaires de l’Eyjafjallajökull et du Mýrdalsjökull, avant de redescendre vers l’océan Atlantique.

Partir très tôt permet à la fois d’anticiper d’éventuelles dégradations météo sur le plateau sommital et de gravir les sections exposées avant l’arrivée des randonneurs partis à la journée depuis Skógar.

Le sentier s’élève immédiatement au-dessus de la vallée de Þórsmörk par des pentes d’éboulis raides et des corniches étroites. Le passage le plus engagé se situe sur l’arête de Kattarhryggur (« l’échine de chat ») : une ligne de crête effilée, équipée de chaînes sur certaines portions rocheuses pour sécuriser la progression avec le sac à dos chargé.

La végétation disparaît rapidement pour laisser place à un univers purement minéral. La montée continue à travers le plateau de Morðinskolla, alternant dalles basaltiques et névés d’altitude.

Vers 1 000 mètres d’altitude, l’itinéraire pénètre dans un champ de lave récent, formé lors de l’éruption de 2010. Nous longeons les cônes volcaniques de Magni et Móði, où la roche basaltique noire et rouge contraste violemment avec les parois de glace étincelantes des glaciers environnants. Même au cœur du mois d’août, les rafales de vent y sont glaciales et l’orientation peut devenir délicate en cas de brouillard soudain.

La seconde moitié de l’étape suit le cours de la rivière Skógá en direction de l’océan. Sur près de 8 kilomètres, le sentier longe une gorge spectaculaire entaillée dans le basalte, ponctuée par plus d’une vingtaine de cascades successives de toutes tailles. Le terrain redevient progressivement herbeux et roulant, contrastant nettement avec la rudesse de l’altitude franchie le matin même.

La fin du parcours débouche brutalement sur la plate-forme sommitale de la cascade de Skógafoss (60 mètres de haut). Après une descente par les escaliers métalliques aménagés, nous posons les sacs et les bâtons au pied de la chute d’eau, marquant la conclusion de ces 95 kilomètres de trek condensé à travers les Hautes Terres.


Jour 5 : Boucle côtière et retour

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Dernier réveil, au pied de Skógafoss. Après trois jours d’engagement physique continu et 95 kilomètres avalés à travers les Hautes Terres, cette ultime journée marque la transition : quitter le rythme de la marche pour récupérer la route et profiter de quelques heures restantes avant le vol retour depuis l’aéroport de Keflavík.

Avant que les premiers bus touristiques n’arrivent depuis Reykjavik, nous profitons de l’aube sur la cascade de Skógafoss. L’absence totale de vent et les premières lueurs rasantes permettent de capter la masse d’eau de 60 mètres dans une atmosphère calme, sans foule.

À moins d’un kilomètre à l’est, nous rejoignons le sentier menant à Kvernufoss. Nichée au fond d’un canyon encaissé et verdoyant, cette chute d’eau de 30 mètres reste souvent ignorée des itinéraires rapides. Le sentier remonte le cours du ruisseau et permet, comme à Seljalandsfoss, de passer derrière le rideau d’eau. La perspective depuis la cavité rocheuse, encadrée par des parois moussues, offre un cadre graphique très abrité avant de reprendre la route vers le nord.

Nous reprenons la voiture en direction des pistes de l’intérieur pour atteindre le canyon de Sigöldugljúfur, souvent baptisé la « vallée des larmes » en raison de ses multiples cascades qui s’écoulent le long de falaises volcaniques sombres.

C’est ici que la réalité du terrain et de la météo rappelle ses règles :

  • La route d’accès au parking est via une piste non goudronné, formellement déconseillé avec une citadine ou une berline
  • Arrivés sur les lieux en milieu de journée sous une lumière zénithale écrasante, l’effet visuel est décevant.
  • Les eaux de fonte chargées en amont ont teinté la rivière d’une couleur marron et boueuse, très éloignée du bleu turquoise limpide habituellement photographié par temps calme ou en début de saison.
  • Le retour d’expérience terrain : pour ce spot précis, l’état des cours d’eau en amont et l’horaire de prise de vue sont déterminants. Sans une lumière douce ou un débit clair, le canyon perd une grande partie de son intérêt photographique.

Pour compenser cette déconvenue, nous bifurquons plus à l’ouest vers la vallée de la Þjórsá pour rejoindre la cascade de Háifoss, haute de 122 mètres. L’accès par la piste caillouteuse nécessite une conduite attentive pour ménager le bas de caisse du véhicule.

En arrivant sur la crête en fin d’après-midi, les conditions basculent favorablement : le soleil oblique éclaire la brume générée par la chute et celle de sa voisine, Granni, créant un arc-en-ciel net au-dessus du gouffre. La verticalité des parois de basalte et la profondeur de la gorge offrent l’une des compositions les plus imposantes du séjour pour clore ce carnet de route.

En redescendant la vallée de la Þjórsá en direction de la plaine, nous marquons un dernier arrêt au promontoire de Gaukshöfði pour le pique-nique de fin de journée. Ce point de vue aménagé sur une colline isolée surplombe les vastes tresses de la rivière glaciaire et offre, par temps clair, une perspective dégagée sur le volcan Hekla à l’horizon. Un cadre idéal et calme pour une pause avant d’amorcer la liaison finale.

Nous reprenons ensuite l’asphalte par la Route 1 en contournant la péninsule de Reykjanes. Restitution du véhicule de location et enregistrement à l’aéroport international de Keflavík en soirée, clôturant ainsi 5 jours intenses entre routes côtières, pistes caillouteuses et traversée intégrale des Hautes Terres.


Quelques détails supplémentaires sur notre voyage…

Hébergements coup de cœur

Bella Apartments & Rooms, à Selfoss: Situé au cœur de Selfoss, cet établissement s’est révélé être un point de chute stratégique pour absorber les aléas de notre arrivée. Les logements sont modernes, fonctionnels, calmes et parfaitement équipés pour préparer ses affaires et vérifier son matériel avant de partir en trek. La localisation est son point fort : Selfoss permet d’intercepter directement la ligne de bus tout-terrain vers Landmannalaugar tout en offrant l’ensemble des commodités à proximité immédiate (supermarchés pour les derniers approvisionnements et station-service). Une étape propre, confortable et efficace pour une nuit de transit avant de basculer vers les pistes intérieures.

Guesthouse Skógafoss, à Skogar: Situé à quelques minutes de marche de la cascade de Skógafoss, cet établissement constitue une halte stratégique à l’arrivée du sentier de Fimmvörðuháls. Après trois jours d’autonomie et 95 km de marche dans les Hautes Terres, l’hébergement offre le nécessaire pour récupérer : chambres fonctionnelles, literie correcte et sanitaires partagés propres et bien entretenus. Le véritable atout des lieux réside dans son emplacement : loger sur place permet de profiter de Skógafoss et du canyon de Kvernufoss aux premières lueurs du jour, bien avant l’afflux des bus touristiques depuis la Route 1. Une adresse simple et sans fioritures, idéale comme point de chute logistique pour clore la traversée à pied avant de reprendre la route vers l’ouest.

Restaurants coups de cœur

Skogafoss Bistro Bar, à Skogar : Posé à deux pas du pied de la cascade, cet établissement est l’étape naturelle pour conclure la traversée du Fimmvörðuháls. Après trois jours et 95 km de marche soutenue dans les Hautes Terres, s’asseoir au chaud pour un vrai repas marque une rupture nette avec l’austérité du sentier. L’ambiance y est détendue, typée pub/bistrot de passage, avec un service rapide et sans fioritures. La carte propose des classiques réconfortants (burgers maison, fish and chips, soupes chaudes et bières locales pression), parfaits pour reprendre des calories dès la fin de l’effort. Les tarifs restent alignés sur les standards islandais pour un site aussi touristique, mais la proximité immédiate de l’arrivée et la vue directe vers les abords de la chute en font une halte idéale pour débriefer le trek avant de retrouver la route.

Kaffi Krus, à Selfoss : Installé dans une bâtisse traditionnelle en bois au centre de Selfoss, ce café-restaurant est une excellente adresse pour la coupure de mi-journée. L’atmosphère intérieure est chaleureuse, boisée et informelle, idéale pour s’abriter de la météo côtière sans perdre de temps. La carte propose un large choix (pizzas, burgers, pâtisseries maison), mais le passage s’impose avant tout pour leur fish and chips : le poisson blanc est d’une grande fraîcheur, la friture particulièrement croustillante sans être grasse, et les portions généreuses. C’est l’un des meilleurs rapports qualité-prix testés sur la Route 1, parfaitement calibré pour un déjeuner efficace avant ou après la traversée des pistes intérieures.

GK Bakari, à Selfoss : Mention spéciale à cette petite boulangerie artisanale située dans le centre de Selfoss, elle s’est avérée être un arrêt logistique déterminant juste avant de monter dans le bus 4×4 vers Landmannalaugar. Les sandwichs, préparés sur place avec du pain maison dense et bien garni, sont parfaits pour constituer le pique-nique de l’étape 1 du trek (ainsi que le casse-croute du soir). Contrairement aux options sous vide standardisées des stations-service, c’est une vraie nourriture consistante et énergétique, particulièrement bienvenue après les 24 kilomètres et le vent du plateau de Hrafntinnusker. L’adresse propose également un excellent café et des pâtisseries locales (comme les roulés à la cannelle).

Conseils & retour d’expérience pour le trek (Laugavegur & Fimmvörðuháls)

Réaliser cette traversée de 95 km en 3 jours au lieu de 4 impose un rythme soutenu et une préparation sans faille. Loin des difficultés d’altitude du Kilimandjaro, les vrais défis en Islande sont l’humidité permanente, les sautes de vent violentes, l’abrasion du sable volcanique et la gestion des passages à gué.

Gestion des gués & traversées de rivières

Le franchissement des rivières glaciaires est le point technique incontournable du Laugavegur. L’eau est souvent entre 2 et 4°C, le courant vif et le fond tapissé de cailloux instables.

Quelques réflexes indispensables sur le terrain :

  • Déchaussage obligatoire : ne jamais traverser avec ses chaussures de marche ou pieds nus (risque d’entorse ou de coupure sur la roche).
  • Sandales fermées ou chaussons néoprène : prévoir une paire dédiée aux gués, fixée à l’extérieur du sac pour un accès immédiat. Les tongs sont à proscrire (emportées par le courant).
  • Détacher la ventrière du sac : en cas de chute dans le courant, pouvoir larguer le sac instantanément pour ne pas être entraîné vers le fond.
  • Bâtons de marche : indispensables pour assurer un tripode d’appui stable face au courant.
  • Face au courant : progresser légèrement en diagonale, orienté vers l’amont pour casser la pression de l’eau.

Traversée du col de Fimmvörðuháls : le vrai défi engagé

Tout comme la nuit du sommet sur le Kilimandjaro, la portion sommitale du Fimmvörðuháls (entre les glaciers Eyjafjallajökull et Mýrdalsjökull) concentre l’essentiel de la difficulté physique et météo.

Ce qui nous a le plus aidés :

  • Départ très matinal : quitter le refuge de Básar à l’aube pour devancer la météo instable du plateau et éviter le croisement de flux sur les crêtes étroites.
  • Système multicouche étanche : le vent y souffle en continu avec des rafales violentes. Une veste et un pantalon hardshell (imperméables et coupe-vent) sont indispensables pour stopper le refroidissement éolien.
  • Passages exposés : sur l’arête de Kattarhryggur, progresser avec calme en assurant chaque prise sur les chaînes de sécurité, surtout avec le centre de gravité tiré par un gros portage.
  • Gants et bonnet accessibles : même au mois d’août, les températures basculent autour de 0°C au passage des cratères Magni et Móði.

Équipement & logistique : ce qui a fait la différence

Quelques détails matériels qui changent radicalement le confort sur ces 95 km :

  • Sacoche étanche ou housse de protection intégrale : la pluie et la poussière volcanique s’infiltrent partout. Doubler l’intérieur du sac à dos avec des sacs étanches pour garder duvet et vêtements de rechange au sec.
  • Bâtons de randonnée : un soulagement mécanique massif pour encaisser les descentes raides (Jökultungur et la vallée des cascades) et stabiliser les pas dans la rocaille.
  • Réserves énergétiques denses : les étapes fusionnées demandent des journées de marche de 7 à 9 heures. Prévoir des encas salés/sucrés faciles d’accès sans avoir à poser le sac.
  • Bouchons d’oreilles et masque : indispensables pour récupérer si vous dormez en dortoir ou en tente (le jour quasi permanent l’étét perturbe le sommeil).

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